Assurance-Vie : quels supports d’investissement choisir ?

Assurance-Vie : fonds euro garantis ou unités de compte, comment choisir ?

Assurance-Vie

Jeu d'échecs montrant la stratégie et le choix entre fonds garantis et unités de compte pour son contrat d'assurance-vie

Assurance-Vie : quels supports d’investissement choisir ?

Alors que l’assurance-vie continue d’être un des placements privilégiés des Français ( 53 % détiennent un contrat en 2017 ), les fonds en euros (ou fonds garantis) montrent leurs limites avec un rendement quasi nul, si on prend en compte l’inflation (1,9 % à août 2021). La tendance actuelle est donc de se tourner vers les unités de compte (UC), une solution alternative qui a de beaux jours devant elle.

Le premier trimestre est généralement le moment de l’année où les épargnants ayant une assurance-vie reçoivent leur bilan de situation. L’occasion de voir combien le fonds euro a rapporté sur l’année écoulée et de découvrir le taux nominal garanti pour l’année en cours.

Et pour beaucoup, la déception est au rendez-vous : en effet, en 2021, le taux garanti indiqué ne dépassait parfois pas 0% et le rendement net 2020 était inférieur à 1%. Les assurances-vie les moins performantes se rapprochent même d’un taux nominal qui sera bientôt inférieur à l’inflation… faisant ainsi perdre à l’épargnant une petite partie de son « capital garanti ». Ce phénomène n’est malheureusement pas passager, et risque de s’amplifier ces prochaines années.

Dans cet article, nous vous expliquons les raisons de cette tendance et comment préserver la performance de votre contrat d’assurance vie.

Comment fonctionnent les assurances-vie en fonds euro ?

Grâce à ses « fonds garantis » (aussi appelés « fonds euro »), l’assurance-vie a longtemps été l’un des placements préférés des Français. Il est vrai que cet investissement avait de nombreux avantages :

Aujourd’hui encore, les « fonds généraux » des compagnies d’assurance-vie rencontrent un franc succès. Ils représentent l’essentiel de l’encours total (estimé à 1789 milliards d’euros) . Ainsi, en 2020, près de 70 % des nouveaux versements allaient sur un fonds euro.

Ces derniers, qui servent de supports financiers, sont gérés par l’assureur et investis majoritairement sur des emprunts d’État, sans risques, appelés « obligations souveraines ». Une petite partie de cette épargne va vers des obligations d’entreprises solides, dites “corporate”. Le reste est investi sur des actions , des actifs immobiliers ou des produits dérivés plus complexes, afin d’accroître le rendement.

Malheureusement, les taux garantis ont tendance à baisser, mais comme les assureurs doivent continuer à préserver le capital, la petite partie de l’épargne investie sur des placements avec un rendement intéressant, diminue au fur et à mesure du temps.

Chaque année, les intérêts acquis sont capitalisés et réinvestis avec un mécanisme appelé "l’effet cliquet", mais avec une performance qui ne cesse de décroître. C’est ce rendement que vous découvrez en début d’année, et duquel votre gestionnaire déduit les frais de gestion.

Depuis quelques années, ce rendement ne cesse de baisser. Cela est en majorité dû à la baisse du taux des obligations souveraines. On a entendu parler de pays comme l’Allemagne qui arrivaient à émettre des obligations à taux négatif ! Le souci, c’est que les taux actuels, déjà très faibles, sont décorrélés de la réalité et offrent un taux nominal « trop élevé ».

Il s’agit donc d’un système instable qui va forcément s’arrêter pour précipiter un peu plus le rendement des fonds euro vers zéro. Les investisseurs qui pensaient voir leur capital garanti pour la retraite risquent alors de déchanter.

Pourquoi les assurances-vie en fonds euro ne sont-elles plus rentables ?

Le taux d’intérêt actuel servi au propriétaire d’une assurance-vie est boosté par deux mécanismes qui sont en train de s’éteindre.

Le premier mécanisme est lié aux réserves. Durant des années, les très bons rendements ont permis aux sociétés d’assurances-vie de profiter du dynamisme des marchés (actions et obligataire). Une partie de cet argent a été mise en réserve.

Quand les taux obligataires ont commencé à baisser, les gestionnaires ont puisé dans ces réserves pour continuer à proposer un rendement attractif aux investisseurs. Mais elles n’ont pu se renouveler et ont fini par fondre. Le système de « compensation » arrive ainsi à échéance.

Le second mécanisme est lié à la durée de vie d’une obligation. Les fonds euro les plus anciens disposent encore d’anciennes obligations rémunérant à plus de 4 %, alors que les nouvelles sont à actuellement à 0,85 % en moyenne.

Ainsi, plus le temps passe, plus le poids des anciennes obligations (rentables) va mécaniquement se réduire au profit de nouvelles obligations (peu rentables).

Le remboursement progressif des obligations arrivées à terme, dilue ainsi les plus rentables, si bien que des assureurs estiment que les taux de rendement pourraient continuer de baisser dans les prochaines années.

En effet, il suffit d’enlever les frais de gestion et l’inflation pour constater que la baisse des fonds euros semble inscrite dans un vrai déclin durable et délétère pour l’épargne.

Un troisième mécanisme pourrait aggraver ce phénomène : des taux d’intérêt bas et une reprise de l’inflation. C’est en tout cas une crainte exprimée par de nombreux économistes qui s’interrogent sur les risques inflationnistes que pourraient faire peser les énormes plans de relance américains et européens.

Pour beaucoup, ils vont en effet favoriser la consommation au détriment de l’investissement, d’où la crainte de voir une envolée des prix et une surchauffe de l’économie.

Notre conseil : investir dès maintenant en assurance-vie en unités de compte (ou revoir l'allocation de son contrat existant).

Pour beaucoup d’épargnants, l’assurance-vie en fonds euro garanti avait pour objectif de se constituer l’équivalent d’une épargne-retraite, les amenant à délaisser d’autres supports de placement plus « risqués », comme l’immobilier ou les actions.

Cependant, l’effondrement de la performance des fonds euro au cours de ces dernières années,  doit les amener à repenser leur stratégie.

Fin janvier 2021, 67 % des 1 786 milliards d’euros représentant les encours des contrats d’assurance-vie étaient encore dans les fonds euro. Alors qu’en parallèle, les marchés actions affichaient un bon dynamisme en Europe et outre-Atlantique, et que le secteur de l’immobilier ne montrait aucun signe de faiblesse .

De plus, les perspectives de croissance entre 2021 et 2023 affichent des taux comme on a rarement eu : autant de belles opportunités de diversification sur les unités de compte ! La volatilité connue du marché actions est compensée par un lissage de long terme, alors que le marché immobilier associe de bons rendements et une inertie plus grande aux crises financières.

Les contrats en unités de compte répondent en réalité à un vieil adage connu des épargnants : « ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier ». Grâce à la grande diversité des placements , ils permettent des stratégies d'investissement variées et ainsi d’augmenter sa performance. 

Chercher un taux d’épargne performant suppose d’accepter une dose de risque plus élevée, avec une possibilité de perte en capital. Mais l’inflation aidant, rien ne prouve que le capital des fonds euros ne restera réellement garanti si l’on intègre cette dernière au calcul.  

Il faut également replacer l’assurance-vie dans son concept de placement long-terme, permettant de lisser les fluctuations erratiques des marchés. Il suffit de regarder les rendements des fonds actions ou des fonds immobiliers pour constater tout leur intérêt sur le moyen-terme.

L’assurance-vie en unités de compte (UC) est donc appelée à se développer, pour retrouver une épargne performante . Les perspectives de performance des fonds actions, de private equity et actifs immobiliers sont bonnes, tout en profitant de la fiscalité avantageuse de l’assurance-vie. Tout épargnant souhaitant investir dans une perspective de long-terme comme la retraite devrait pleinement profiter de ce levier, au risque de voir son capital garanti grignoté par l’inflation et la baisse des fonds euro.

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